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Hep petite! sais… ou la traversée d’une hépatite c

           HEP ! PETITE !  SAIS…Ou la traversée d’une Hépatite C

 

 

Il convient, comme en tout domaine, de rester humble et prudent, et de ne pas perdre de vue que quelle que soit la méthode de guérison utilisée – parfois tout un ensemble de méthodes qui agissent en synergie- seule la Conscience guérit.

Beaucoup de livres et de dictionnaires des symptômes ou de décodage biologique sont sortis ces dernières années, avec le revers de trop vulgariser les systèmes de lecture de la « mal-a-dit  » .

Pour le coup, on ouvre alors des tiroirs très réducteurs :une maladie de peau révèle un conflit de séparation. Une rancœur tenace va se porter sur la vésicule biliaire. Le « morceau », réel ou symbolique que je n’arrive pas à avaler se manifestera dans ma gorge. Sauf que la lecture est souvent bien plus subtile et j’ai personnellement expérimenté qu’à la base d’une hépatite C à présent guérie se tenait solidement planté un conflit de séparation…qui normalement est relié aux problèmes cutanés.

Il s’agit de ne jamais perdre de vue que chaque être est unique, sa symbolisation nuancée, que nous avons, en tant que thérapeutes, affaire à une personne et non à un cas clinique.

Quand la maladie survient dans notre vie, ce n’est jamais par hasard. Elle signe un rendez-vous avec nous-mêmes que nous ne pouvons pas manquer.

Elle nous invite à un passage initiatique.

La priorité alors est de se dire : « Comment vais-je traverser cela du mieux possible ,mettre de la vie là où se faufile l’ombre de la mort ?

Vais-je poser un choix de vie ou un choix  de mort ? »

Je vais devoir intégrer cela dans ma conscience et passer par différentes étapes.

Puis, la question du sens va se poser, et je vais commencer à me demander :Pourquoi ? Quel est le facteur déclenchant ? A quoi cette maladie correspond-elle pour moi ?…

Le cheminement entre elle et nous  va se faire, pour un temps plus ou moins long, selon. Le temps de découvrir qu’elle est porteuse d’une tentative de guérison de tout notre être. Parfois adversaire,mais jamais ennemie, de ce dialogue naîtront des questions, des réponses, des prises de conscience ,des remises en questions, et enfin l’être nouveau prêt à renaître, avec quelque chose de changé au profond de son identité…

Il s’agit toujours d’une grande aventure initiatique. A chacun d’ en écouter l’enseignement !

 

…Aux alentours de Pâques, voici une quinzaine d’années, le diagnostic tombe : Hépatite C.

Je n’y crois pas. Cette maladie m’est étrangère. Classique incrédulité de celui ou celle qui apprend ce genre de nouvelles.

Bon, il  y a eu  cette grosse crise qui m’a conduite à consulter, mais sinon, à part  des assauts de fatigue, quelques montées de fièvre et parfois le cœur qui bat trop vite, je ne me sens pas malade, enfin ,  pas d’une maladie comme çà, mais d’une plus insidieuse encore, un mal du cœur ou de l’âme, une tache sombre que je sens en moi, au travers de mes jours, de mes nuits. Quelque chose que je ne sais nommer, qui a le goût d’une tristesse amère.

L’effet de surprise passé, une espèce de drap gris s’abat sur moi. Je me sens happée par des images d’hôpitaux, de zones de détresse, de médicaments terrifiants, de mort qui rôde. Je suis triste et angoissée. Pourtant, une part de moi reste en paix, confiante, comme heureuse.

De suite se pose la question du pourquoi, du comment. La question du sens de cette maladie qui survient ainsi subitement au milieu de ma vie.

Médecins, visites, autres analyses…Il s’agit d’un virus génotype 1, très ancien, « attrapé  » une vingtaine d’années plus tôt, lors d’une transfusion de sang, à la naissance de ma file, Katia.

J’ai besoin d’un temps de solitude , et je me retrouve dans une petite chapelle. Je reste là, un moment dans le silence. L’odeur des roses et des lis disposés dans les bouquets, m’enveloppe, comme une étole de protection. Une évidence monte en moi : l’essentiel actuellement est de traverser cette maladie en allant vers la vie, pas vers la mort. Il  faut m’entourer de fleurs et de fruits, de joie, de beauté, me nourrir avec une alimentation saine, vivante, me connecter à la vie, garder  la foi dans ma guérison, c’est çà qui me semble le plus important dans un premier temps. Après, je chercherai le pourquoi.

Il n’est pas question d e me soumettre au traitement classique Interféron-Ribavirine auquel je suis conviée, avec tous les effets secondaires redoutables qui s’ensuivent. Je m’y refuse.

Je change ma façon de me nourrir, je fais venir des plantes de l’Himalaya et du tulsi sacré d’Inde, j’essaie un traitement homéopathique. Mes transaminases montent et descendent. La charge virale continue d’augmenter. Une amie m’invite à participer à un atelier sur les mandalas, pourquoi pas, d’accord je viens. La thérapeute qui anime l’atelier n’arrête pas d e parler d’un séminaire qu’elle vient de suivre sur le décodage biologique. Je regarde un peu ses notes. De suite, cela m’intéresse, j’inscris les coordonnées d e l’animateur de ces stages, le prochain démarre sous peu. Stages de formation en décodage biologique. Inscrite !

J’apprends que l’hépatite touche les canaux de la vésicule biliaire et témoigne d’un ressenti de rancœur, et en ce qui concerne plus particulièrement l’hépatite C, une rancoeur liée à l’inconnu. Le foie quant à lui, parle, entre autres, de conflits de manque, d’histoires de foi.  En hébreu, le mot foie est aussi très proche du mot gloire et  renvoie à la gloire du Père.

Je travaille aussi le mythe de Prométhée .  Qu’est-ce que je cherche à voler au père qu’il ne m’ait donné d e lui-même ? Cela résonne très loin,  très fort en moi.

Dans les mois qui ont précédé ma crise, que s’est-il passé ?

La mort de mon cousin Alain, proche comme un frère, m’a bouleversée. On l’a retrouvé mort depuis  environ treize jours. Pourquoi est-il mort sans personne auprès de lui, de quoi est-il mort ? J’entends des sous-entendus dans la famille, ils n’osent pas dire, ne savent pas trop. Ma tante prononce le mot sida, mais après tout , rien n’est sûr… on ne sait pas…il devait se droguer…

Voilà, c’est peut-être çà le déclencheur de ma crise hépatique : conflit de rancœur lié à l’inconnu !

Exactement mon ressenti ! Il rejoint celui que j’éprouve depuis toujours : je ne connais pas mon père, il m’est inconnu, je lui en veux et j’en veux à ma mère d e m’avoir toujours menti sur son identité, et de ne pas m’avoir gardée près d’elle, après ma naissance, de m’avoir enfermée dans des paradoxes et bien plus encore.

Du coup, la rancœur, c’est un ressenti que je connais bien, qui revient souvent dans ma vie. J’en veux donc à ma mère, à mon père, à ma grand-mère bien trop sévère, à mon grand-père mort trop tôt, à mon premier amour qui m’a quittée, au père de mes fils qui m’a trahie, à mon grand amour qui m’a abandonnée, je m’en veux  de ne pas faire les bons choix, de ne pas persévérer, j’en veux  à la vie elle-même, j’en veux à Dieu. Oui, je T’en veux !

Et puis, une nuit, je me réveille en pleurs. Je me lève. Un chagrin inconsolable me secoue. Une sensation, une image s’impose. Je me vois là, je suis en face de moi tout petit bébé, à peine quelques mois. Ce bébé est désespéré. Je ne savais pas qu’un bébé pouvait éprouver un tel désespoir. Le mot qui monte à mes lèvres est : AMERTUME.la mère me tue. Et aussi : l’absence –A privatif- de ma mère me tue.

Je prends ce petit bébé que j’ai été et qui est toujours là désespéré au fond d e moi, je le berce et le rassure, je tente de le consoler.

La prise de conscience est forte. Je sors de la victimisation, de la  culpabilité. De la rancœur. Du désespoir. Du manque…

Après un mieux, de nouveau les transaminases remontent…

Il faut creuser d’avantage…

Lors d’un séminaire d’été, nous travaillons au cas par cas . De ce travail, il ressort que mon hépatite est liée à un conflit de séparation. Bien sûr que cela me parle, c’est l’histoire d e ma vie, la séparation. Séparée de mon jumeau mort avant terme, séparée de mes parents, mise à part toute mon  enfance. Une poussée d’urticaire vient m’offrir son témoignage.

Entre temps j’ai subi une biopsie du foie. Pas terrible, la fibrose est avancée en stade F3. Le 4ème signe généralement la cirrhose ou le carcinome. Je finis par accepter le fameux traitement…que j’arrête au bout de trois mois car je n’y suis pas répondeuse. Par la suite, un nouvel  essai est tenté. A nouveau infructueux.

Sans m’en apercevoir tout de suite, je fais un conflit de diagnostic. Deux médecins viennent de me dire que je vais développer un cancer, c’est inévitable, qu’il me faudra m’inscrire bientôt pour une greffe. Même une thérapeute qui pratique la médecine chinoise me fait peur et ne cesse de me dire que çà l’inquiète d e me voir aussi affaiblie.

Deux mois plus tard, je prends conscience que j’ai accueilli ces propos comme des sentences et qu’elles poussent en moi  comme des graines d e mort  qui auraient germé. Peu à peu, je prépare ma fin de vie. Le fait de repérer ce processus me suffit pour en sortir.

Le décryptage de cette maladie qui m’interpelle d’un cinglant «  Hep ! Petite ! »  ressemble à une poupée gigogne. De prise de conscience en  prise d e conscience,  il faut aller plus profond encore…Je libère, une à une, les petites matriochkas…et il m’apparaît, suite à un rêve, que le virus, pour moi, c’est la vie russe, c’est le russe qui vit en moi.

Ma grand-mère Yvonne dont je porte le prénom en seconde place, était tombée éperdument amoureuse d’un russe blanc, chez qui elle servait. Enceinte et chassée, elle mit au monde le fruit de ces amours ancillaires : ma mère.

Et moi, sans m’en rendre compte alors, car je ne connaissais pas ce secret de filiation, j’avais répété un peu la même histoire. J’étais tombée éperdument amoureuse d’un peintre  russe qui m’avait abandonnée quand j’étais enceinte d e ma fille, Katia.

C’est là que j’ai contracté le virus. Le jour de sa naissance. Une manière de rester en contact avec  le Russe de notre généalogie.

Je ne comprends pas pourquoi je ne guéris toujours pas !

Je me suis beaucoup identifiée à  ma grand-mère dont la mère est morte en la mettant au monde. Je suis reliée à cette arrière grand-mère, ma date de naissance et celle de son décès signent le « syndrome du gisant « -notion de fantôme en psychanalyse, ou de crypte-.  Moi, je ne suis pas morte en donnant la vie à ma fille. J’ai quand même contracté ce virus. Travail de désidentification. Ces mémoires ne m’appartiennent plus.

Quelques temps après, en travaillant sur mon arbre généalogique, j’ai retrouvée une « Chantal »  en fin de 18ème siècle, fait surprenant car à cette époque ce prénom étant peu usité, il était un nom de famille. Cette lointaine ancêtre était née un 17 septembre comme moi, avait donné naissance à une petite fille, puis en accouchant d’une seconde enfant nommée aussi Chantal, elle était morte ce même jour ainsi que le bébé…

Soudain, cadeau : je me trouve au milieu des vignes, un profond ressenti de paix et d’unité m’envahit. Je me sens reliée à l’univers, à la vie, au monde. Je me sens unifiée, réparée de l’intérieur. Je me sens guérie. La maladie est derrière moi. Le travail de guérison est à l’œuvre, même si je meurs.

Pourtant les analyses ne suivent pas. La fibrose tend  à s’accentuer. Mais peu importe, je ne mets pas la maladie au centre de ma vie, et je fourmille d e projets. Je ne vis pas un temps de stagnation pendant cette traversée, bien au contraire, la maladie me fait faire des tas de choses que sans doute je n’aurais pas faites autrement, et si je la vis parfois comme un adversaire, elle n’est pas mon ennemie. Elle me fait penser à ce mystérieux messager  dans la Genèse ,qui se bat avec Jacob toute une nuit et qui lui enjoint d’arrêter le combat car voilà que l’aurore s’est levée. Jacob reçoit alors un nom nouveau, et il est prêt à retrouver son frère, cette part d’ombre  d e lui-même qu’il avait fui des années auparavant.

Je fais des rencontres passionnantes. Je suis des initiations chamaniques au cours desquelles , lors d’états modifiés de conscience, remontent des mémoires ancestrales, karmiques et j’y découvre encore d’autres poupées gigognes. Je ne savais pas à quel point j’étais dans un tel ressenti de manque ! Et combien le problème de foi était important !  Je découvre aussi l’importance d’un conflit aux liquides et comment , malgré ma sobriété, mon foie s’abîme,  à la place de celui  d’un membre très proche de ma famille qui a sombré dans l’alcoolisme.

Et là, je sais, je sens : quand le chaman me questionne à propos de mon hépatite, je réponds, et c’est une évidence : « quelle hépatite ? »

Car dans l’état de conscience que je traverse, la maladie n’existe pas et n’a jamais existé ! Du moins, elle est loin, loin derrière, un peu comme dans une autre vie !  Cette fois, çà y’est, je suis guérie. La voie est libre. J’ai fait un saut quantique!

Je me sens vraiment mieux , l’énergie est revenue. Quand je me fais faire une prise de sang, au moins huit mois plus tard, les résultats démentent ma guérison. Le virus est toujours là, hyperactif.

Je lâche prise. Je me dis que j’ai fait ma part. Je n’éprouve plus de rancœur. Je découvre que la guérison ne passe pas forcément par la guérison du corps, en tout cas, je constate un réel décalage entre le corps et l’esprit.

Aussi, quand ce cher Dr Bourlière me propose un protocole d’essai –un traitement d’un an avec  de hautes doses d’interféron et de ribavirine,  ainsi qu’un anti-protéase décuplant leurs effets- ma première réaction est le refus.

Le dernier fibroscan du foie est mauvais. Avant de m’endormir, comme je le fais souvent, je demande à être éclairée sur la décision juste. Alors me vient en tête la blague de l’homme qui se retrouve dans un immeuble en feu. A trois reprises les pompiers viennent lui proposer d e l’aide mais il refuse à chaque fois : il a confiance, il prie Dieu  qui le sauvera. Mais il périt dans les flammes et se retrouve devant Dieu. Il s e plaint : « Pourquoi tu ne m’as pas sauvé ? »

Dieu répond : « Trois fois, je t’ai envoyé les pompiers ! »

Je ris : mes pompiers à moi, c’est l’équipe médicale du pôle de recherche et le protocole ;

Je décide de choisir délibérément, librement due suivre ce protocole. Quand je me fais ma piqûre ou que  j’avale mes pilules, je me dis que ce sont de bons remèdes, qui m’aident à me guérir. J’enfourche mon cheval Pégase ( l’interféron s’appelle Pegasys) qui m’emmène au galop vers la fontaine de Bélérophon…Je me rappelle, la fois précédente, je faisais alors venir une infirmière. A chaque fois qu’elle me piquait , elle soupirait en disant : « ah là là ! C’est du poison qu’on vous donne ! »

Au bout d’un mois, le virus est indétectable- la nouvelle tombe le jour de l’anniversaire de ma fille Katia – et il reste indécelable plus de huit ans après ce traitement pendant lequel j’ai vécu un véritable baptême du feu.

Les effets secondaires aussi expriment au mieux nos ressentis. Un tel aura des problèmes intestinaux parce qu’il n’arrive pas à lâcher prise, un tel aura des problèmes pulmonaires reliés à son angoisse de mort…Moi, je développe des urticaires géants , en résolution d e conflits de séparation,  je fais une hémorragie intestinale  au  moment où je lâche de très vieilles mémoires.

Puis je fais un rêve, dans lequel je parle avec le virus : je le remercie d’avoir été  là… « Tu m’as accompagnée tout ce temps, trente ans de cohabitation, tu m’as permis d e prendre conscience de choses que je n’aurais jamais réalisée autrement, tu m’as permis de sortir de schémas qui ne seront plus transmis dans la lignée…mais à présent, nos chemins se séparent définitivement ». Je fais couler de l’eau et je l’arrose avec le pommeau de douche et il disparait dans les canalisations.

Cette guérison  a des répercussions dans la famille. Ma fille guérit d’un psoriasis à la nuque qu’elle avait depuis toute petite. Ma mère par contre voit son état empirer du jour au lendemain car il est clair qu’en sortant d’une fidélité familiale, je lui restitue quelques bagages.

Il est pour moi certain que sans ce travail intérieur, l’aide du décodage biologique, de la psychogénéalogie, de la confiance retrouvée, du chamanisme, et sans l’aide de Dieu –chacun met le mot qui lui convient : amour, conscience…- je n’aurais pas guéri, je n’aurais pu traverser le gué en riant ; Car c’est cela peut-être guérir : traverser le gué, en riant…

Mais surtout, il y a eu c  moment de rencontre avec le Père Martin. Ses mots ont été libérateurs.

« …cette maladie, c’est un peu  à l’image de l’huître blessée dans son manteau: elle fait de cette blessure une perle qu’elle offre au monde ».

Qu’importait alors ce qu’il allait advenir d  moi. Je marchais sur un chemin de guérison, empreint de beauté et de profondeur. Même si j’allais mourir, j’allais vers la Vie.

Chantal Mione

 

 

 

 

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